Oumaha Assaleh

Je m’appelle Oumaha Assaleh. Je suis né dans une petite ville près d’Agadez, au Niger. A partir de 8 ans, j’ai vécu avec mon grand-père qui m’a formé, petit à petit, au métier de forgeron d’art, et m’a appris à créer des bijoux touaregs. Les Touaregs sont un peuple nomade du désert saharien qui se déplace avec les troupeaux pour trouver de l’eau. Aman Iman : l’eau c’est la vie ! Les Touaregs voyagent de nuit comme de jour. J’aidais mon grand-père d’abord en lui apportant l’eau, puis en faisant la « taguella », le pain du désert, cuit dans le sable, lors des déplacements, quand il n’y a pas de campement. Mon grand-père est mort alors que j’allais avoir 14 ans mais il vit toujours dans mes yeux et dans mon cœur. Il s’appelait Takayph Assaleh. Il a rendu notre famille célèbre. Quant à moi, à 15 ans, je suis devenu un grand voyageur. J’ai parcouru le Burkina-Faso, le Sénégal, le Togo, le Bénin et le Mali, puis en 2001, je suis allé en France pour vendre mes bijoux et ceux que fabriquent les artisans de la Coopérative d’Artisanat Touareg de Niamey et d’Agadez.

Après quelques errances en Belgique, il m’est apparu comme une évidence que je pouvais aller plus loin, qu’au savoir-faire ancestral, je pouvais allier la technique et le savoir contemporains pour ainsi aller vers une fusion, une convergence, où sans perdre mes racines, je pouvais me réaliser plus pleinement en tant qu’artisan et bijoutier.

Je pouvais aussi par ce biais, développer mes connaissances artistiques. La formation que j’ai alors suivie m’a mis devant la nécessité de réunir en un bijou unique, le savoir ancien et celui acquis au long de mes trois années d’apprentissage et d’expériences. J’ai été obligé de fournir un travail tout personnel...